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 Le site de Laubardemont (Gironde)

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jyce
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MessageSujet: Le site de Laubardemont (Gironde)   Dim 26 Juin 2011 - 11:31

Merci à http://fleurdelisle.jimdo.com
et
à http://autour.savignac-sur-lisle.fr

Aussi à diana et ses proches pour des photos plus personnelles.....




Laubardemont a longtemps été le principal centre d’activité de Sablons. Aujourd’hui, il s’inscrit au sein de notre patrimoine local.

Même si à l’origine Laubardemont accueille avant tout un château, sa position privilégiée de charnière entre l’Isle sous influence maritime et l’Isle fluviale en font un site privilégié pour une utilisation industrielle.

En effet, dès 1466, le seigneur de Fronsac propriétaire du lieu, cède des terrains pour la construction d’une écluse et d’un canal. Un édit royal d’Henri IV confirmera ensuite la fondation en titre du moulin avec barrage.



Le premier seigneur de Laubardemont connu est Jean de Tustal, Seigneur de Laubardemont et Jurat de Bordeaux en 1519. C’est à cette époque que l’édifice est construit. Il s’agit d’une belle maison seigneuriale aux pieds de laquelle coule la rivière. Laubardemont dépend alors de la châtellenie de Puysseguin. Il semblerait que la seigneurie ait été la propriété de plusieurs familles puisqu’en 1550, sous Jean de Tustal, il est fait mention de Mathieu Martin Seigneur de Laubardemont, Commandant du château de Nérac.


En 1556, Laubardemont dépend de l’autorité ducale d’Antoine de Bourbon, Roi de Navarre et Duc d’Albret. Pierre de Tustal succède alors à son père, épouse en 1561 la sœur de l’évêque de Guîtres et devient son vassal pour quelques fiefs dépendant de son autorité. Certainement de religion protestante Pierre de Tustal est victime des guerres de religions. Son château est pris et occupé par les troupes royalistes en 1567.


Pierre mort, Benoît de Tustal, son fils, devient à son tour Seigneur de Laubardemont titre qu’il garde jusqu’à sa mort en 1584. A cette date les Tustal disparaissent de l’histoire de Laubardemont. C’est alors Gauvat de Ferrant, maire de Libourne qui en devient le Baron.



En 1590, on retrouve Jean de Martin Baron de Laubardemont comme trésorier du Roi de France en Guyenne. Il est élu premier Jurat noble de Bordeaux en 1620.

L’aîné de ses trois fils, qui se nomme lui aussi Jean, prend sa succession et devient premier Président de la Cour des Aides. En 1630, il effectue des démarches afin d’obtenir la translation de cette cour d’Agen à Libourne. Trop complaisant au cours du procès d’Urbain Grandier et des interrogatoires de Cinq-Mars et de Thou il compromet sa réputation. Son château est pris et pillé par les frondeurs en 1641. Il faut attendre 1653 pour que les troupes du Comte d’Estrades les en délogent.



En 1656, une sédition très importante en faveur de la fronde éclate de nouveau à Coutras. Le capitaine Laherse à la tête d’une compagnie du Duc de Saint-Simon tente d’y mettre fin. Il est attaqué et défait au port de Coutras par Tartavisard, chef des séditieux. Il tente de se réfugier au château de Laubardemont. Les frondeurs l’y rejoignent, s’emparent du château, le pillent à nouveau et s’y installent. Tartavisard sera finalement pris et exécuté.



Pierre de Martin, fils de Jean, est alors remis en possession de Laubardemont. Il en devient donc le seigneur et prend les titres de Seigneur de Saint-Denis de Pile de Saint-George de Guîtres et autres places.

Estimé de ses compatriotes, il devient maire de Libourne de 1667 à 1669. Cette même année, il est maintenu dans ses fonctions « sous le bon plaisir du Roi », « attendu les services qu’il a rendu à la Commune et les secours qu’il n’avait cessé de donner aux pauvres… » et « …vu encore la nécessité qu’il y a d’avoir un chef de cette importance ». Il assure donc sa fonction par ordre du roi, avec le consentement des habitants jusqu’en 1680. Il reçoit d’ailleurs à cet égard des lettres honorables de Louis XIV.



Il est remplacé à la tête de la Commune de Libourne par Alex Perouin, conseiller au présidial et dans sa seigneurie, par Guillaume de Salles, Conseiller au Parlement.



Le fils de Guillaume, François de Salle succède à son père et garde le titre de Seigneur de Laubardemont durant une trentaine d’année. A sa mort il n’a pas d’héritier mâle. C’est donc sa fille, épouse de M. de Fournel, Seigneur de Tayac et d’Abzac, qui récupère la baronnie.

Aux deux paroisses dont de Fournel est le seigneur, viennent s’adjoindre les paroisses de Sablons, de Saint-Denis de Pile et des Billaux. Pour la première fois Laubardemont et Abzac sont lié sous une seule et même juridiction. Au cours de l’histoire ces deux sites seront de nouveaux réunis.


A la mort de de Fournel, ses deux filles, l’une épouse de M. de Goderville et l’autre épouse de M. Desaigues, se partagent l’héritage. Abzac et Laubardemont cessent d’appartenir au même seigneur.


Juin 1816. La frégate « LA MÉDUSE», vaisseau amiral de la flotte française appareille pour la ville de SAINT-LOUIS du SÉNÉGAL et l’ILE de GORÉE. A son bord des soldats et des colons partant reprendre possession des territoires coloniaux rendus à la France par l’Angleterre après le traité de Paris de 1815. Ce jour là, un jeune médecin de la Marine, VICTOR CALVÉ, coutrillon d’origine, s’embarque sur le célèbre navire.


2 juillet 1816. Dirigé par HUGUES DURAY de CHAUMAREYS, ancien immigré et Commandant incompétent n’ayant obtenu sa charge que par protection ministérielle, « LA MÉDUSE» s’échoue par beau temps et mer calme sur le BANC D’ARGUIN près du CAP BLANC (MAURITANIE). Après deux jours d’effort à tenter de renflouer la frégate, son abandon est décidé. Deux cent cinquante des quatre cents naufragés (dont la majorité des gradés) prennent place dans les six canots de sauvetage. La femme et les cent quarante neuf hommes restant montent sur un radeau de fortune. Celui ci doit être remorqué jusqu’au rivage par les canots.



Au moment du départ, le jeune CALVÉ, lui-même embarqué sur le radeau, s’aperçoit qu’il a oublié dans sa cabine la montre que lui avait offerte sa mère. Il retourne la chercher à la nage. Lorsqu’il tente de rejoindre ses compagnons, les canots et le radeau se sont éloignés. Il embarque alors sur un petit canot abandonné par les naufragés parce que jugé inutilisable. Porté par les courants il parvient à s’échouer sur les côtes du SÉNÉGAL. Il aura plus de chance que ses cent quarante neuf compagnons. Peu après leur départ, anxieux de rejoindre au plus vite le rivage, les occupants des canots ont tranché les amarres qui les reliaient au radeau. Abandonnée à elle-même, emportée par des courants défavorables, l’embarcation de fortune dérive pendant neuf jours durant lesquels on se nourri comme on peut…. Les malades et les blessés sont jetés à la mer pour éviter une aggravation de la situation sanitaire. Le 16 juillet 1816 seuls quinze survivants sont récupérés par le brick « L’ARGUS » envoyé à la recherche des malheureux. Cinq d’entre eux mourront des suites de leurs souffrances.



CALVÉ, par un extraordinaire hasard a échappé à la mort dans ce drame qui frappera la France entière et inspirera à GÉRICAULT son célèbre tableau. L’avenir et le destin lieront bientôt son nom à notre histoire, à l’histoire de SABLONS et à celle de LAUBARDEMONT. Nous le retrouverons plus tard.

Mais revenons en France, et plus exactement dans notre commune. A cette même époque, LAUBARDEMONT est devenu un centre industriel important. Depuis 1805, il prospère sous la direction de M. LASSERE. Ayant installé sur le site un moulin à froment, il substitue des moyens mécaniques modernes aux anciens procédés. Devenu trop âgé pour en continuer l’exploitation M. LASSERE vend son usine à M. CHAUMEL. Celui-ci reprend l’ancienne activité, l’amplifie et y ajoute une distillerie de vin. C’est à cette époque que LAUBARDEMONT devient une véritable usine et son propriétaire un industriel.



Un premier incendie la ravage en 1850. Reconstruite par le neveu de M. CHAUMEL, elle prospère de nouveau et produit jusqu’à 25 000 hectolitres de farine par an. Elle est alors considérée comme l’une des plus belles usines girondines. Entièrement mécanisée, elle permet le développement de la navigation sur l’Isle. Cette prospérité dure jusqu’en 1893, date à laquelle un second incendie la détruit partiellement.



Depuis 1825, une société de négoce connaît un essor permanent. Spécialisée dans la commercialisation des arachides, elle devient propriétaire à ABZAC en 1875 d’une ancienne minoterie qui est transformée en huilerie. Cette société est la propriété d’une famille de Coutras. L’un des fils a organisé au Sénégal les services de santé de la colonie. Comprenant les bénéfices qu’il pouvait tirer de l’arachide ce jeune homme entreprenant créé cette société avec ses frères. Quelques temps après ,il devient délégué du Sénégal à la Chambre des Députés. Le jeune médecin, miraculé du désastre de la Méduse a alors fait du chemin depuis son accostage accidentel.



Deux ans après le second incendie de LAUBARDEMONT, la société « E.CALVÉ et Cie », alors propriété d’EMMANUEL CALVÉ héritier de VICTOR et de ses frères, achète l’usine de LAUBARDEMONT, qui devient alors une huilerie. Cet achat marque l’entrée de LAUBARDEMONT dans un âge d’or industriel……



Laubardemont avec l’avènement du vingtième siècle devient un des centres de la vie de la vallée de l’Isle girondine. Rapidement l’huilerie devient un des fleurons de l’industrie française. De conception très moderne, elle utilise la force de la rivière pour sa production.



En 1897, la fusion de la société de Calvé avec une société Néerlandaise, située à Delft, permet à l’usine de se doter d’un tout nouveau système de désodorisation des huiles par la vapeur sous vide, technique révolutionnaire dont Laubardemont est le centre expérimental. A partir de cette fusion la société prend le nom de « Calvé-Delft ».



Jusqu’en 1957, l’usine de Laubardemont produit une huile très appréciée. Elle assure l’alimentation des marchés français et exporte une partie de sa production en Europe du Nord et en particulier en Hollande. Elle emploie une grande partie de la population sablonnaise mais aussi et surtout coutrillonne.



Non seulement elle est le principal employeur de la région mais ses dirigeants sont aussi des hommes avisés et progressistes. Dès son origine, l’huilerie de Laubardemont s’affiche comme une véritable vitrine du progrès tant industriel que social. Si elle se dote des techniques de production les plus modernes, le bien être et la qualité de vie de ses employés évoluent tout autant. Ainsi en 1923, alors qu’elle emploie près de 500 ouvriers et 60 bateliers, dispose-t-elle de prestations sociales révolutionnaires pour l’époque : des évolutions de salaires qui suivent les évolutions du coût de la vie, des indemnités familiales pour tous (comparables à nos allocations familiales), la prise en charge totale des soins médicaux et pharmaceutiques, le versement d’une retraite complémentaire à celle allouée par l’état,….



L’ensemble de ces prestations ne coûtent rien aux ouvriers. La caisse est alimentée par des versements effectués par la société et représentant une part des bénéfices reversés pour le bien commun. Outre cela, la société participe activement à la vie locale. Ainsi Laubardemont accueille sur son site un hippodrome qui devient un haut lieu d’animation du territoire.



Le site autour du canal n’est pas simplement un site industriel et économique, il est un véritable lieu de vie, symbole de la prospérité de toute la région.



Il est aussi le symbole de l’importance de L’Isle. Elle est la principale artère de communication entre les industries de sa vallée et le principal centre urbain régional : Bordeaux. C’est par gabares que sont transportées les arachides qui arrivent au port de Bordeaux en provenance du Sénégal et alimentent l’huilerie. Les productions de l’usine redescendent par le même chemin. Pour remonter le courant, ces embarcations alourdies de leur chargement ont tout d’abord recours au halage. Les chevaux, reliés aux gabare par de longues cordes, remontent depuis Libourne la rive droite de la rivière, contourne la Pierre de l’Arc (Sud-Ouest de notre commune) et franchissent l’Isle par un gué situé à auteur du lieu-dit « Mulon », pour continuer leur route par la rive gauche et rejoindre l’huilerie. Encore praticable de nos jours, le Chemin de Halage, qui relie l’écluse et sa maison éclusière au site industriel de Laubardemont en longeant le canal, témoigne de cette ancienne pratique.

Avec le progrès techniques, ce système de halage sera abandonné au profit des remorqueurs. Sur l’Isle, deux de ces bâtiments sont chargés de tracter les gabares jusqu’à leur destination : le « Delphia » et le « Nokia ».

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